Début novembre, j'ai appris par hasard, au détour d'un forum, que
les éditions du Bélial avaient lancé un AT pour leur revue
Bifrost.
Leur dernier numéro en date
Un AT sur les vampires… Bon, je partais en voyage de noces quelques jours plus tard, j'avais les corrections pour
Transition à avancer en priorité, je me suis dit: "Laisse tomber, pas la peine de te ronger les sangs pour une nouvelle que tu ne finiras jamais à temps. Concentre-toi plutôt sur ce pour quoi tu t'es engagée" (oui, mon surmoi est très présent et possède une jolie voix persuasive). Mais il n'empêche que cette histoire me titillait…
Déjà, parce qu'ayant écrit et publié des histoires de vampires pendant trois ans, poursuivant cette idée décidément bien fixe avec mon roman (si si, je vais me remettre dessus, là dans pas longtemps) et jouant à des GN "vampires" depuis bien cinq années, je me sentais concernée. Ensuite, parce que je trouvais qu'il y avait un vrai défi à écrire une nouvelle sur les vampires tout en restant originale, sans tomber "à fond" dans les folles romantiques ni dans les brutasses urbains, ni dans l'intrigue cent fois vue. Je ne suis pas sûre d'y être parvenue (ces petites bêtes ont la vie dure), mais une fois de retour en France, l'idée revenait de temps à autre me titiller: et si…? Et si je tentais, pour voir? Oui, mais pour ça, il faut au minimum une idée de départ. Se dire "je veux éviter de tomber dans les poncifs tout en donnant une vision assez large des différentes facettes qu'engendre l'éternité associée à une malédiction" ne suffit pas!
J'avais bien – j'ai toujours! – une idée qui m'est venue dans l'avion (même un menu sait vous apporter l'inspiration!), mais elle ne convenait pas pour le type de revue qu'est
Bifrost…
L'épisode suivant s'est déroulé lors du RdV Transitionnel de décembre. Nous discutions entre grenouilles de
CoCyclics en attendant nos boissons quand le sujet "AT
Bifrost" a sauté sur le comptoir. Là, j'ai constaté que, mine de rien, l'AT séduisait du monde. À force d'en parler, ma motivation fit un joli
level up et là, l'illumination…!
Le cocktail "Red Cloud", mon préféré dans ce pub!
C'est lui qui allait me donner l'intrigue et la construction de ma nouvelle.
Bref, me voilà partie pour passer Noël dans la famille, avec des heures d'autoroute à ne rien faire de mes dix doigts ni, vraiment, de mon cerveau. Que je tritouille de réflexions autour de cette nouvelle en devenir, sonnant joyeusement les cloches aux oreilles de mon mari qui, le pauvre! n'avait rien fait pour mériter d'écouter les élucubrations d'un auteur en phase de pré-écriture. Passent les fêtes en rouge et blanc (et vert). De nouveau, autoroute (où j'ai découvert que je pouvais corriger des textes sans être malade –> ceci est une disgression). De nouveau, grosse réflexion. Et une constatation inébranlable: même si je m'y mets en rentrant, je n'aurai jamais le temps. Nous sommes le lundi 27 au soir, dans la nuit froide. Je repars le 30. La deadline est fixée au 31, cachet de la Poste faisant foi. Et il n'y a pas d'imprimante là où je vais…
OK, c'est mort. L'espoir s'est envolé, comme l'oiseau blanc dans le ciel de neige.
Mardi et mercredi, je passe mon temps à poursuivre les corrections (toujours à la bourre), à envoyer des mails, à répondre pour Transition, à faire les machines de linge, à me renseigner sur les tarifs postaux et à récupérer les exemplaires du premier numéro de
Pénombres, que je ne peux pas faire livrer chez moi. Jeudi, je prépare la valise, range un peu l'appart. Il est quatorze heures trente quand je me dis que, là, j'ai un peu de temps. Que, quand même, je serais triste d'avoir réfléchi autant à un scénar et à un concept sans l'écrire. Que si je ne tente pas le coup maintenant – qu'elle soit finie à temps ou pas –, je ne l'écrirai jamais, cette nouvelle!
Il est quinze heures quand je me mets au clavier. Un peu moins de dix-huit quand je téléphone à notre hôte de la St-Sylvestre pour savoir, si, vraiment, il n'y aurait pas moyen d'imprimer une fois chez lui. Et, miracle de post-Noël, la personne a justement récupéré une imprimante voilà peu!
Il est vingt heures et quelques, je suis dans le train direction Avignon. Deux heures et demie de trajet. J'ai emprunté le mini-ordi de mon homme. La nuit est déjà noire, le siège confortable, je sens l'inspiration revenir, aussi forte que dans l'après-midi. Je commence à écrire.
Une ou deux rangées derrière nous, dans l'autre file de sièges, un gars se met à écouter du rap. Fort. C'est pas grave, j'assure. Je sors les écouteurs de la pochette du mini-ordi, choisis du Sade et monte le volume juste assez pour couvrir le rap, ne souhaitant pas infliger ma musique aux autres passagers. Je me lance, l'action reprend bien là où j'en étais restée. Je me dis que j'ai peut-être une chance de la finir à temps, cette nouvelle!
Soudain, des cris. Le gars à la musique forte est en train de se disputer avec sa copine qui hurle: "Montre-moi ton portable! Pourquoi tu le verrouilles, c'est qui cette fille? C'est qui cette fille, là, qui s'est affichée?! Donne-le-moi! Tu n'as pas le droit de le verrouiller! Mais je m'en fous, des gens! Je gueule comme je veux."
Tout ça sur fond de rap.
Les gens qui se trouvent juste devant eux finissent par leur demander de régler leurs problèmes ailleurs – après tout, l'espace entre les deux rames est fait pour ça, maitenant qu'on n'y fume plus! Enfin, la copine – cocufiée ou non, là n'est pas le sujet ni notre souci – se barre.
Je me relance dans l'écriture. Bon, j'ai du mal à me concentrer de nouveau, mais rien d'insurmontable! C'est alors qu'un couinement fort se fait entendre dans la rangée de sièges juste devant nous. J'avais plus ou moins entraperçu un chien, accompagné de sa maîtresse. Soudain, une puanteur de colique me parvient en une grosse claque. Je comprends, dans un éclair de génie!
Le chien est malade et vient de "faire popo" sur la moquette du TGV.
Bon, après ça, plus d'incidents majeurs, à part une courte apparition de la fille hurlante et les charmantes têtes blondes qui coururent dans le couloir de la rame en criant "Alors on dit que toi, tu fais ça et moi, je suis ça! Mais non, viens pas là! Oh, un chien! (Celui qui a fait popo, donc.) Il est à toi, madame? Je peux m'asseoir là? Non?" *bruit de cavalcade* "Mamaaaaan! Il y a un chien dans le train!"
Le train en question arrive gare d'Avignon. Le temps de parvenir à l'appart et de discuter un peu, il est deux heures du matin, ce vendredi 31 décembre. Je prends tout de même une grosse demi-heure pour terminer ma nouvelle.
Je me lève, il fait beau, les oiseaux chantent, mon mari roupille comme un bienheureux mais je veux faire une correction potable, surtout au vu des conditions d'écriture de la veille. Bref, je m'attable, j'avertis que j'en ai pour une bonne heure et je corrige, je corrige… pendant près de deux heures, vu que je papote aussi un peu, quand même. Il est midi vingt quand j'écris le petit mot à Thomas Day pour accompagner mon tapuscrit et que je glisse le tout dans l'enveloppe que j'avais pris soin d'embarquer dans ma valise. J'avais fait une petite pause à la fin de la correction pour prendre ma douche, alors on s'attable, un repas très agréable…
À quatorze heures moins peu, je suis devant la Poste du village. Figée, ma lettre dans la main, j'y lis le petit mot expliquant que celle-ci est fermée les après-midis du 24 et du 31. Je rejoins la voiture (nous partions pour une autre ville, non loin, afin de s'y promener – plus particulièrement d'en ramener pour le soir un petit dessert acheté dans une boulangerie-pâtisserie savoureuse) où l'on me rassure: la Poste de la grande ville sera sûrement ouverte! Ayant travaillé dans le public, j'émets un léger doute. "Pour qu'une Poste ferme, je disais alors, il doit falloir un arrêté préfectoral ou équivalent et donc, toutes les Postes du coin seront fermées aussi."
Arrivés sur place, nous découvrons, ô surprise! que la Poste est effectivement fermée…
Au final, je suis allée acheter trois timbres normaux dans un bureau de tabac (la vendeuse n'ayant pas de balance, j'ai pris le tarif fort en me disant que ça ne pouvait pas être plus cher), j'ai écrit un gentil mot au dos de l'enveloppe pour monsieur Day et j'ai posté en espérant que, si le bureau de Poste était bien fermé, la levée, elle, se ferait à l'horaire habituel, vu que rien n'était précisé à ce sujet…
À part ça, la pintade était excellente, le champagne de même et le macaron aux framboises un vrai régal, léger en plus, idéal pour une fin de repas un peu chargé!
Bonne et joyeuse année 2010 à vous! *\^^/*
10 jan 2010, 23:04
XD
Ça marche comme ça! Je serais bien mal placée pour te dire: "Non, ma nouvelle vaut plus le coup que ce fanzine à peine créé!"…
Bon courage pour les dernières retouches à L'Ange! ;-)
10 jan 2010, 20:45
Je serais bien motivée pour lire ta nouvelle, mais attends juste que j'en ai terminé avec les corrections que je dois te rendre pour Pénombre.
07 jan 2010, 01:34
Merci beaucoup à toutes les deux! ^O^
Le morceau ne fut pas aisé à mâcher, mais il a fini par passer! Au bout d'un moment, on quitte le stade du "Et merde!" pour parvenir à un certain amusement: "Alors, qu'est-ce qui va m'arriver, là ?".
Je n'en attends pas forcément grand-chose de cette nouvelle, je suis déjà bien contente de ne pas avoir fait comme certaines, dont les scénar et la construction traînent encore sur des fichiers .rtf épars dans un dossier d'idées, et de l'avoir achevée, d'avoir "tenu la distance". Mais, j'avoue, je suis contente d'avoir réussi à caser tout ce que je voulais y mettre, et je pense que c'est assez fluide pour éviter l'embourbement narratif. Si ça vous intéresse, je vous l'enverrai (mais bon, je ne veux pas vous infliger sa lecture alors que vous avez d'autres choses sur le grill).
En tout cas, c'est toujours un honneur de participer à un AT à vos côtés. Pour le coup, bonne chance à toi aussi, Scribo Loutre! ^^
06 jan 2010, 23:06
Chapeau pour ta persévérance, tu as fini pas écrire cette nouvelle de vampires.
J'espère que tu as réussi ton pari d'écrire quelque chose d'original et d'abouti en aussi peu de temps.
Bonne chance, ma concurrente préférée.
06 jan 2010, 13:33
Et bien, tous les éléments semblaient ligués contre toi pour t'empêcher d'écrire cette nouvelle, mais tu les as défiés, tu t'es battue jusqu'au bout, bravo ! (je crois que j'aurais lâché l'affaire, pour ma part...)
Une manière de finir l'année 2009 en beauté... Bonne année 2010 !