Hier et demain, ici et ailleurs

par l'auteure Vanessa Terral

Autobio bit-lit

Les toutes jeunes éditions Chat Lune (un seul roman au compteur pour l’instant) ont lancé, il y a quelque temps, un concours en partenariat avec le forum de chroniques littéraires Romances, Charmes & Sortilèges – Bit-Lit.com. Il s’agissait de se décrire en héroïne ou en héros de bit-lit. Passant outre le côté égocentriste de l’affaire, j’ai trouvé le défi amusant et comme il ne s’agissait que d’une page d’écriture, je me suis lancée. Résultat: j’ai été sélectionnée! Laughing
 

 

Bref, j’ai reçu mon lot: le fameux unique titre de la boutique (Réveil, tome 1 de la série Le Clan du Hameau). De la bit-lit, évidemment, puisque la maison a pour ambition de n’éditer que cette catégorie d’œuvres (cela dit, ce n’est pas moi que ça gênera!) et uniquement des auteurs français. Pour ceux que le principe intéresse, un concours identique est ouvert jusqu’au mercredi 13 octobre à tout le monde, et sans partenariat avec le forum Bit-Lit.com, cette fois.

Allez, j’arrête de bavasser et vous présente mon texte!

Ah ! Attendez, s’il vous plaît ! Non, vous n’avez pas oublié la monnaie à la caisse, ni la baguette ou les croissants. Je voudrais vous parler, juste un petit instant. Je m’appelle Vanessa. Il faut que je vous dise… Ah là là, je ne sais jamais par où commencer.

Tenez, vous voyez ce bout de craie ? J’en ai plein les poches, des comme ça. Non, je ne fais pas des tours dans la rue pour gagner trois euros. Enfin si, quelque part, vous avez raison : je fais de la magie un peu partout en ville. Mais de la vraie, pas de la prestidigitation !
Non, je ne vous parle pas de vaudou. Toutefois, si le principe vous intéresse, je connais un pro, et un bon. Il s’appelle Yohan, c’est un de mes meilleurs potes. Il travaille surtout avec du blanc, lui aussi. Le blanc a une puissance évocatrice qu’on ne trouve pas toujours dans les couleurs. Mais bien sûr, si je veux convoquer, je ne sais pas… une salamandre, je vais plutôt utiliser du rouge et du jaune. Du rouge aussi pour un démon mineur, mais la raison diffère un peu : c’est toujours en rogne, ces petites bêtes. Avec un glyphe bien rouge pétard, il se sent un peu comme chez lui. Du coup, ça devient plus facile de négocier. Sans compter qu’il y a certaines portes qu’on ne peut dessiner que dans des champs chromatiques très précis ! Sans rire, j’ai mis des années à maîtriser ce genre de subtilités.

Houlà, je vous ai perdu, on dirait ? Excusez-moi, je vais reprendre depuis le début. En fait, j’ai un don. Non, pas pour le dessin, vu que j’arrive à peine à griffonner un Pokémon. Je vois certaines choses : les spectres d’énergie, les nœuds telluriques, les signatures magiques. Je vais connaître de manière précise dans quel tourbillon du fleuve convergent les cinq ou six lignes de force nécessaires afin de convoquer une naïade, ou quand un rayon de soleil de telle inclinaison s’apprête à traverser le bon nuage, ce qui me permettra d’appeler la pluie et même l’orage, avec de la chance. Si vous voulez vous rendre dans l’une des dimensions attachées à la nôtre – en Cour de l’Été ou de l’Hiver, en Démonie, où vous le souhaitez ! –, donnez-moi une petite heure et je vous trouve un coin propice à l’ouverture d’un portail.
Il n’y a qu’un endroit où je ne vais pas : la terre des Défunts. J’ai atterri là-bas une fois, par mégarde, et à mon retour chez les vivants, je me suis aperçu que j’avais ramené avec moi Scaldie, ma chatte morte il y a dix ans. Le choc ! J’ai juré de ne jamais y retourner. Pardon ? Oh oui, c’est elle dans mon blouson. J’adore la garder contre moi !

Bon, ça, ce n’est que la moitié de l’ouvrage, vous allez me dire. Il ne suffit pas de voir pour pouvoir. En effet. Sauf que si je me concentre, je peux dévier ces forces. Et les plier à ma guise demande une sacrée dose de volonté ! Je dois me détacher de ce qui se passe autour de moi, entrer en méditation. Voilà pourquoi j’utilise les craies. Lorsque je dessine, je visualise plus facilement ce que je veux obtenir. J’ai besoin de moins de calme, j’y vais étape par étape.
Oui, il m’arrive d’utiliser les runes, voire l’alphabet oghamique, mais je préfère éviter. Pourquoi ? Eh bien, de même que pour le Tarot, on peut coller tant d’interprétations à un symbole – lequel possède déjà deux ou trois significations – que les manier demande de savoir s’adapter aux imprévus… Ah, c’est sûr, ça casse la routine ! Les murs, les voitures et parfois les bras, aussi.

Là, vous vous demandez comment ça se fait que je vous raconte tout ça, n’est-ce pas ? Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais nos regards se sont croisés, dans la boulangerie. J’ai vu alors que vous abritiez une convergence de lignes de force. Il a dû déjà se passer des choses étranges autour de vous, des coïncidences, non ? D’ailleurs, vous êtes encore là à m’écouter. Vous n’êtes pas parti en me traitant de folle.
Eh bien, j’ai une mauvaise nouvelle. Si je ne me suis pas trompée, d’après les volutes et les figures que forme la magie dans vos yeux… Vous allez avoir besoin de mon aide. 

4 Commentaires

  1. Ça ne m’étonne pas que tu aies gagné ce concours, ton texte de présentation est très accrocheur.

  2. Merci beaucoup, Scribo Loutre! 😀
    J’ai essayé de faire dans l’original pour l’aspect fantastique, tout en respectant ma « biographie ». Je suis contente que ça te plaise. ^^

  3. Waaa félicitations Nessa ! J’aime assez ce texte, on s’y sent vraiment impliqué, jusqu’à la fin où on se demande bien pourquoi on va avoir besoin de son aide !
    J’aime aussi ces petits détails qui le mettent à la portée de tout le monde, et ces morceaux d’inconnu, un savant mélange !
    Bisous^^

  4. Merci merci, Kalea! ^__^
    C’est chouette que le « procédé d’implication » ait marché, j’avais peur que ça ne fasse un poil too much.
    Pour moi, tout l’esprit du fantastique réside dans un bon équilibre entre le merveilleux et le quotidien. Aussi, ton compliment me touche beaucoup! ^O^
    Bisous à toi!