Hier et demain, ici et ailleurs

par l'auteure Vanessa Terral

Les Chambres aux pompons de l’Hôtel Andersen (poème)

Étrange titre, étrange thème, vous dites-vous?

Eh bien, il se trouve que j’ai passé les nuits de ma semaine de bagne CNED-scolarisée à Rouen dans cet hôtel. Et au lieu de numéro sur les portes, les chambres sont indiquées par des pompons de couleur accrochés aux poignées auxquels correspondent d’autres pompons liés aux clefs ouvrant lesdites chambres.

Je fréquente peu les hôtels, je ne sais pas si l’hôtel Andersen a fait preuve d’originalité ou pas dans ce domaine. Toutefois, je trouvais le mélange de cette particularité et du nom de l’hôtel inspirant et je voulais trouver un moyen original de remercier les deux messieurs qui tiennent l’établissement de manière aussi appréciable.

Ainsi, j’ai pondu le poème suivant…

Une marche est franchie, que tourne l’escalier !
Tôt, laissons par-devers cette flamme orangée
Née d’un briquet battu qu’habite un bon génie,
Malicieux protecteur des soldats qu’on marie.

À l’étage premier, on croise une fillette
Qui, par désœuvrement, craque des allumettes.
Trois feux vont faiblissant, mais dansent sans regrets.
Une marche est franchie, que tourne l’escalier !

Dans la moiteur du pourpre embrassé de velours
Vit une reine blanche aux splendides atours ;
Le vin qui la délecte est de primes gelées.
Une marche est franchie, que tourne l’escalier !

À l’étage second, Maia, petite et sage,
Dans un pétale rouge en guise de corsage
Reçoit sieur Hirondelle et lui verse le thé.
Une marche est franchie, que tourne l’escalier !

Tout poussif et noueux, un palmipède gris
Rêvant de canetons s’est bricolé un nid
De soupirs et d’espoir et de jaune duvet.
Une marche est franchie, que tourne l’escalier !

À l’étage dernier, une jolie princesse
Secoue son oreiller, sa couette et ses tresses :
Un grain de potager a fui sous le sommier.
Une marche est franchie, que tourne l’escalier !

À la fin, nous trouvons, assis tout près des toits,
Ramoneur et bergère enlevée à un roi.
Grandisse la nuit douce aux amours contrariées !
Une marche est franchie, que tourne l’escalier !

Devant une porte scellée
L’escalier a cessé de tourner…

Commentaires Clos.